19/06/2014

Sébastien Tellier, l’interview intégrale : “J’ai un peu le syndrome de Peter Pan”

21/05/2014

"Pour ça, j’ai eu la chance que Jean-Michel Jarre me prête son studio en France. Il a la plus grosse collection de synthés d’Europe. C’était merveilleux".(...)  Sébastien Tellier


Avant de vous reparler du superbe “L’Aventura”, on publie notre interview réalisée en mars à São Paulo, au Brésil. Sébastien Tellier y évoque son enfance réinventée, sa paternité récente, les années 70 et, en creux, une certaine idée de l’hédonisme. 

 

Cet album d’inspiration brésilienne, c’est pour soutenir l’équipe de France pendant la Coupe du monde ?

Non ! J’aime bien l’équipe de France, mais en fait je n’aime pas le foot. J’ai du mal avec tout cet univers. Par contre, quand j’ai réalisé que l’album allait sortir en même temps que le Mondial, alors là j’étais content. Le monde entier va être ambiance Brésil. C’est cool de faire un truc dans l’air du temps. Dans My God Is Blue, je parlais de Dieu et de la religion : le public n’était pas forcément disposé à entendre ça. Là, je suis dans le vent. (rire) J’ai profondément eu envie de faire plaisir aux gens. Mais la musique ça sert aussi à se faire plaisir à soi. Quand j’ai fait L’Aventura, je savais que j’allais venir souvent au Brésil, au soleil… C’était pareil pour Sexuality : je savais que j’allais passer trois ans à parler de cul. Et ça a été le cas ! Les meufs venaient me brancher. Elles se mettaient seins nus pendant les concerts. Je recevais des petites culottes… Ça a été beaucoup plus relou pour My God Is Blue : les gens venaient me parler de spiritualité. Le cauchemar ! (rire)

Pourquoi le Brésil ?

Dans cet album, j’ai voulu me recréer une enfance. On est toujours en train de penser au futur. Mais le passé étant figé, je me suis dit que ce serait marrant d’essayer de le réinventer. Je voulais à nouveau m’échapper de moi-même. Pourquoi le Brésil ? Ici, j’ai parfois l’impression que les gens restent des enfants jusqu’à la mort. Il y a une mentalité très enfantine. Et quitte à se réinventer une enfance, autant le faire au Brésil plutôt qu’en Allemagne ! Pour ce projet, il me fallait un pays beau et luxuriant, qui respire la joie de vivre, qui soit lointain. C’est un pays qui me fait rêver. Mais comme pour tous mes albums, je n’ai absolument pas fait de recherches. Je ne me suis pas documenté sur le Brésil. J’ai fait ça au feeling avec les mecs que j’ai croisés. Cet album, c’est le Brésil vu par un Français. Il n’y a aucune analyse sérieuse du pays. Il n’y a que des clichés. Je confonds tout. Je n’y connais rien ! (rire) Mais j’aime cette façon de rester enfantin : l’art naïf, c’est le seul truc important. La véritable connaissance, à mon sens, n’est pas dans cette espèce de culture de l’acte. La culture, ce n’est pas un truc factuel. C’est une sorte de déhanché d’esprit.

Tu as toujours été très enfantin, non ?

L’art, ce sont des pulsions. Voilà ce que j’essaye de faire désormais : dans la vie être un homme, et dans l’art être un enfant. Dans cet état d’esprit, il n’y a pas de volonté d’écraser l’autre. Il n’y a pas cette compétition ridicule qui commence à s’installer quand on grandit. La naïveté, la fraicheur, la tendresse – les valeurs de l’enfance, disons –, ce sont mes véritables valeurs d’adulte. Il y a ça chez beaucoup d’artistes que j’admire, comme Picasso. Plus tu bosses, plus tu es passionné par ton travail, et plus tu voudrais faire des choses qu’aurait pu faire un enfant s’il avait eu la technique pour le faire.

Tu es père depuis un an. As-tu été influencé par cet événement ?

Ça a beaucoup joué, oui, même si j’avais commencé à travailler sur cet album avant de devenir père, et même avant de savoir que j’allais le devenir. La musique brésilienne est une musique douce, rassurante, chaleureuse. En ce moment, je suis dans une grande ambiance de tendresse dans ma vie perso. Tout est un peu rose et bleu à la maison, c’est trop mignon. J’adore ça ! La période entre la fin des études et le moment où tu as un enfant, c’est un calvaire pour certaines personnes. Quand tu as un enfant, tu te rends compte que c’est ta vraie vie qui commence. Tu n’es plus dans la projection. Tu es installé. L’âge adulte rejoint alors l’enfance : pendant l’enfance, tu ne te projettes pas non plus, tu vis. Entre l’adolescence et la paternité, j’étais dans un no man’s land intellectuel. Je ne m’occupais que de moi. Et pourtant ça demande peu de travail : je ne me rase pas, je ne me coupe pas les cheveux… (rire) Quand on a un enfant, on a l’impression que le monde entier change, alors que l’explosion est interne. Depuis que je suis père, je n’ai plus du tout envie de faire la même musique. Je n’ai plus envie de prouver les mêmes choses. J’ai pu être un peu bling-bling dans le passé. La réussite sociale était très importante à mes yeux. Mais maintenant tout ça est derrière moi. Avant, j’aimais frimer en bagnole par exemple… Quel gâchis, avec cet argent, j’aurais dû m’acheter des synthés et des guitares !

Tu serais donc devenu adulte en faisant un album sur l’enfance ?

C’est exactement ça. J’ai un peu le syndrome de Peter Pan. Je pleure comme un enfant, j’ai peur comme un enfant… J’ai aussi un rapport à l’alcool assez enfantin… pareil pour la weed… J’avais vraiment besoin de passer à autre chose. Ça peut être drôle d’être toujours dans la lune, mais au bout d’un moment tu commences à te faire chier. J’essaye actuellement de briser tout ça et de devenir un homme. Le processus n’est pas encore tout à fait fini, mais je crois que je suis sur la bonne voie. Une des chansons de l’album s’appelle L’Adulte. J’y raconte mes souvenirs d’enfance… Comment revivre ça ? Comment retrouver ces sensations ? J’avais besoin de parler de tout ça pour m’envoler vers la vie d’adulte.

         

Tu écoutais déjà de la musique brésilienne, ou l’as-tu explorée pour préparer cet album ?

J’adorais déjà ça, mais sans très bien connaitre les artistes – à part Gilberto Gil, parce que c’est facile à dire ! Encore une fois, c’était une façon de rester naïf. Il était hors de question d’entrer dans un processus d’analyse du son. Ce que je voulais, c’était inventer. C’est le parfum de cet album qui est brésilien. La passion, c’est toujours la même : c’est celle de l’accord, de la mélodie, de la sensation… Mais j’ai eu besoin de beaucoup travailler les rythmiques latines, car elles sont très différentes des nôtres. J’ai souvent joué jusqu’au sang pour terminer une ligne de basse. Sur l’album, on dirait que je joue de la basse de façon naturelle, fluide, alors que pour moi, c’est comme si j’avais dû escalader l’Everest !

Cet album s’inscrit dans une époque : il sonne très années 70.

J’ai grandi dans les années 70, c’était donc logique pour le thème de l’album. Mais il se trouve que la musique brésilienne que j’aime, c’est aussi celle de cette époque. Il faut savoir que comme dans beaucoup de pays, les Brésiliens sont en train de massacrer leur culture. La musique pop brésilienne, c’est devenu la grande déchèterie. Je parle tout le temps du Brésil oublié dans l’album. Ça m’a permis d’embrasser l’idée que je me faisais de ce pays, de le ramener à moi, de me le réapproprier. Parfois, il faut avoir une vision extérieure pour prendre conscience des choses. Ceux qui aiment le plus Paris, ce sont les New-Yorkais par exemple… Pourquoi je te dis ça ? Je ne sais plus.

Les années 70. Le Brésil.

Ah oui ! J’ai fait une grande recherche sur les instruments. Je voulais jouer avec des instruments et des musiciens très rares. Les arrangements ont été fait par Arthur Verocai, qui est un arrangeur de génie et qui est adulé ici. Pour les synthés, ça a été dur de retrouver la chaleur 70′s. J’ai recherché ce sentiment de tranquillité, de groove. Je voulais quelque chose de très spécial, à la fois humble et jamais entendu avant. Pour ça, j’ai eu la chance que Jean-Michel Jarre me prête son studio en France. Il a la plus grosse collection de synthés d’Europe. C’était merveilleux. On a pu s’épanouir complètement, partir loin.

Arthur Verocai, c’était un choix logique pour toi ?

Il a fait un seul véritable album, qui est un chef d’œuvre. Son véritable métier, c’est d’être arrangeur. C’est exactement le profil dont j’avais besoin. Quelqu’un qui sait s’offrir aux autres. Pour faire un disque, il faut s’entourer de gens extrêmement généreux, qui vont tout te donner. C’est ça, une bonne équipe. Je crois que Verocai est tellement intelligent qu’il ne peut pas faire de musique pour lui-même. Il est précis, il est sévère. C’est un véritable maitre. Aucune note ne lui échappe. Il me fait penser à Rob. Verocai, c’est le Rob Brésilien, même s’il a 70 ans. C’est comme si les mecs étaient encore en vinyle. Ce sont des mecs… boisés. J’adore ce genre de musiciens.

C’est Verocai qui t’a orienté vers des musiciens Brésiliens pour travailler sur l’album ?

J’ai d’abord tout préparé à la maison. J’ai tout maquetté, tout planifié. Verocai, il a choisi l’ensemble de l’orchestre. C’était paradisiaque. Sur l’album, les violons sont soyeux. C’est La croisière s’amuse avec 10 000 extas dans la tête. Il a aussi choisi les choristes. Il a effectivement bien managé les musiciens Brésiliens. Mais j’ai aussi travaillé avec d’autres musiciens en France. C’est la première fois que tout s’est bien passé sur un de mes albums. La première fois qu’il n’y a pas eu de déception. La première fois que : ah, je respire, je me sens bien ! De tous mes albums, ça a été le plus cool à enregistrer. Les mecs font trop souvent la gueule en studio.

Tu assumes quelques imperfections sur certains morceaux.

J’adore ça. Avant, j’étais trop frileux, trop bon élève. J’ai commencé avec Cochon Ville sur My God Is Blue. J’ai dû un peu me forcer à l’accepter. Maintenant, je suis passionné par les fausses notes, qui créent énormément d’émotion. Les choses fausses, si on s’acharne et qu’on les fait bien, un jour ça semblera juste. C’est quelque chose que j’ai envie d’explorer.

Tu parles de My God Is Blue. Cet album était très visuel. Tu avais construit un personnage. As-tu l’impression d’être revenu à quelque chose de plus musical ?

J’étais épuisé de porter ce Pépito, qui pesait une tonne. Et puis cette toge… elle était dans une matière qui me faisait suer à mort. C’était dur ! Et puis toujours jouer le chef de secte devant tout le monde… j’étais épuisé ! My God Is Blue m’a énormément fatigué. Beaucoup plus que Sexuality. En plus, la tournée a beaucoup mieux marché, donc j’ai dû faire beaucoup de concerts… Cet album m’a complètement lessivé. Dès la sortie du studio, d’ailleurs. Je ne te raconte pas quand il a fallu commencer la promo… Mais je suis content d’avoir fait cet album, même s’il n’a pas toujours été bien compris. Ça m’a fait plaisir de faire un truc sur Dieu. Depuis que j’ai fait ça, je suis dans un rapport plus spirituel qu’avant, et c’est hyper agréable. J’ai l’impression d’être plus proche des forces de l’univers, ce genre de conneries.

Le sexe, Dieu, l’enfance… Tu as toujours besoin de grands thèmes?

Mon nouveau personnage, je veux que les adultes le voient comme quelqu’un de super stylé, qui impressionne, qui fascine. Et puis que les enfants me voient comme un cowboy. Ce que je voudrais que les gens imaginent, c’est quelqu’un qui aurait un immense terrain au Brésil, avec plein d’animaux, des bottes en cuir, des chapeaux. Même si c’est faux, et que tout le monde sait que je vis à Paris.

L’Aventura, c’est un concept album ?

Oui. La différence, c’est qu’aujourd’hui, je mets des refrains dans mes chansons. C’est-à-dire qu’au lieu de me faire plaisir et de flatter mon égo à travers ma musique, j’essaye vraiment de faire plaisir aux gens. J’ai vraiment compris que la musique était un art du partage. Quand je vais au cinéma, j’ai envie de passer un bon moment, que le mec m’emmène dans un rêve ; je m’en fous de tous ses petits twists intello. Je me suis vraiment mis au service des gens sur cet album, pour qu’ils puissent l’écouter pour l’apéritif, pour faire la fête, et pour baiser évidemment. C’est un album concept, mais très léger. Je me suis amusé à suivre les petites valeurs pop : intro, couplet, refrain… Tout ça c’est super, et très intéressant. Je pense que c’est lié à ce que je disais plus tôt. Je pense que je reviens un peu à la réalité. C’est dingue comme c’est plaisant, en fait. Je me sens sain. Je suis vraiment dans une période géniale de ma vie.

As-tu pensé la dimension visuelle de L’Aventura ?

Je voulais un album archi ensoleillé. Les images auxquelles on pense, ce sont des couchés de soleil, des reflets dans l’eau. J’aime beaucoup aussi les reflets que laisse une piscine contre un mur. J’imaginais le cuir de la selle d’un cheval… des trucs sucrés… la canne à sucre… Mais pas forcément des trucs comme un jus de mangue à Copacabana. Plutôt des choses un peu sales… je ne sais pas comment dire. Mon obsession de la perfection – que j’essaye de tuer – m’a toujours mené vers des trucs censés être propres, carrés. Maintenant, j’adore tout ce qui est déglingué. On aborde différemment quelque chose d’imparfait. On se l’approprie beaucoup plus. Dans la propreté, on s’ennuie vite. Maintenant j’essaye de me tenir loin de ce que je fais, de faire comme si ma musique était celle d’un autre.

Tu as produit toi-même cet album…

Oui, contrairement à mes précédents. J’avais envie d’être aux manettes. Je savais exactement où je voulais aller, mais finalement je suis allé de surprise en surprise. Avant, je n’avais de respect que pour la composition. Maintenant je sais qu’on ne peut pas passer à côté de la production. La prod, c’est la matière du son. Je commence vraiment à être passionné. Avant, ne serait-ce que brancher un câble, ça me faisait chier. Là, j’ai pris un pied énorme à régler mes petites machines, à m’intéresser au matériel. Bizarrement, la prod, c’est un peu un truc de papy. Tu bidouilles des petits boutons, comme les vieux qui font des maquettes de bateaux. Il y a cette tranquillité. J’adore ça.


        

Tu aimerais produire d’autres artistes ?

Complètement. Jusqu’à présent j’ai toujours refusé de le faire car j’ai surtout été contacté par des actrices qui voulaient se lancer dans la chanson, des trucs comme ça… Alors que je n’ai bossé qu’avec des bêtes depuis mes débuts : Mr Oizo, Tony Allen, Guy-Man des Daft, et maintenant Arthur Verocai… Je ne m’entoure que d’énormes killers dans leurs domaines. Pour moi c’est hyper important… Aujourd’hui, je serais capable de produire un artiste dans une optique de partage. J’apprendrais sûrement de nouvelles choses, et ce serait cool. J’ai envie de me mettre au service des autres. Et ça peut être bien de faire de la musique sans qu’il y ait tout ce merdier de promo, de live… Bon, j’adore être sur scène, et j’adore parler de moi, donc ce n’est pas non plus un big deal, hein. Mais c’est quand même fatiguant. Ça doit être bien de faire un album et après de ne plus s’en occuper. Tu le sors et après tu rentres chez toi, boom. Un peu comme j’ai fait pour Confection. Ça me fait rêver.

Confection, c’était un entre-deux, une sorte de mixtape pop, non ?

C’est un peu chelou, en fait. J’ai pensé la première chanson de l’album, Adieu, pendant l’enterrement de ma grand-mère. C’était terrible, comme l’enterrement de toutes les grand-mères… Mais je me suis rendu compte que la mort était élastique. On la mettait en terre et en même temps on sentait qu’un truc s’envolait loin, loin de nous, dans les énergies du cosmos. Ensuite, en rentrant à la maison, j’ai fait d’autres chansons en hommage à ma grand-mère. Et pendant que je faisais ça, pour mon propre plaisir donc, on est venu me demander de faire une musique de film. Un truc avec Pete Doherty (Confession d’un enfant du siècle de Sylvie Verheyde – ndlr). Donc vu que j’avais toutes ces compositions sous la main, et que le film était romantique, tout ça, je me suis dit que ça allait coller et que ce serait génial. A partir de là, j’ai essayé d’adapter mes thèmes pour que ça colle au film. Finalement, ce disque est une sorte d’accident entre la mort de ma grand-mère et cette musique de film qui n’a jamais abouti – parce que le film est une merde sans nom. Confection, c’est juste de la musique. Il n’y a aucun concept. C’est pour ça que ça s’appelle Confection.

Tu penses continuer à explorer des concepts ?

Je ne connais pas l’avenir, mais l’art est aussi riche que le monde. Ça n’a pas de fin. Il y a toujours quelque chose à découvrir, une vérité à laquelle tu ne pensais pas. Tant que je continuerai à découvrir des choses et à cultiver cet état de naïveté, je ferai de la musique. Je ne pense pas qu’un jour j’aurai un manque d’inspiration. Je m’imagine un style de carrière un peu comme un peintre. Les mecs sont obligés de commencer sagement avant de s’exprimer vraiment. Si tu commences par faire n’importe quoi, on va se foutre de ta gueule. 

Tu réponds quoi à ceux qui disent que tu aurais tout donné avec La Ritournelle ?

C’est une chanson que j’ai faite très rapidement… Que ce soit la chanson préférée de beaucoup de mecs, tant mieux ! Il faut bien qu’il y en ait une. Il y a beaucoup de mariages qui se font sur ce morceau. La Ritournelle résonne dans les églises ! Mais ça ne m’empêche pas de continuer à suivre mes pulsions. Sur L’Aventura, à mon avis, je touche des choses qui vont vraiment plus loin. La chanson L’adulte, par exemple, est de très loin mon plus beau texte. Alors que La Ritournelle… j’ai repris ça de Glenn Mederos… “nothing gonna change my love for you“… A l’époque, j’étais fasciné par René Char. Je voulais faire du René Char. Un truc court, qui se répète. En une phrase, tu dis tout, et en même temps tu ne sais pas du tout de quoi ça parle. J’ai réussi avec L’amour et la violence.

Pour L’Aventura, tu as davantage écrit les textes ?

J’ai quasiment tout improvisé. Tout m’est venu très vite. Mais ce n’est pas le moment où l’on écrit qui compte. C’est quand on marche dans la rue, ou quand on est à l’arrière d’un taxi… C’est ça qui est génial quand tu es musicien ou artiste : pour créer il faut vivre, donc quand tu glandes ou que tu fais n’importe quoi, en fait tu es en train de travailler !

Tous tes textes sont en français sur cet album.

J’en reviens à écouter des trucs du genre Barbara… J’aime bien ces batteries groovy et ces guitares sèches des années 70. Dans la musique française, j’adore aussi ce qu’a représenté l’écurie Estardy. Il a pu produire du Demis Roussos, du Claude François, aussi bien que du Carlos. Le son de Claude François, par exemple, est fantastique. C’est un son d’une pureté… Les aigus sont beaux, les basses, elles claquent… C’est génial de travailler dans le studio d’Estardy. Rien n’a été changé depuis sa mort. Tout y a été fait sur mesure. D’un point de vue général, je ne suis plus du tout dans le rejet de la culture musicale française comme j’ai pu l’être quand j’étais adolescent ou jeune adulte. Gainsbourg, Polnareff, Christophe : c’est mon tiercé gagnant.

Propos recueillis par Maxime de Abreu

Reportage à São Paulo dans le n°964 des Inrocks, actuellement en kiosque
Album L’Aventura (Record Makers/Barclay/Universal) disponible le lundi 26 mai
Tournée en octobre

Source: lesinrocks

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